L’île, divisée depuis 1974 entre Chypriotes grecs et turcs, dont seule la partie grecque est reconnue par la communauté internationale, est à son tour frappée par la crise des dettes souveraines. C’est le cinquième pays de la zone euro à appeler à l’aide. Son secteur bancaire, très lié aux banques grecques, a vu sa note abaissée en catégorie spéculative par l’agence Fitch. Chypre demande à être recapitalisée d'urgence avec 4 milliards d'euros. Le Fonds Européen de Stabilisation Financière a répondu positivement à cet appel, mais pour un montant d’1 milliard. On est loin du compte.


Une situation pas très orthodoxe


Chypre a donc aussi fait appel au FMI, ce qu’a confirmé Christine Lagarde: "Nous nous tenons prêts à nous joindre aux efforts de nos partenaires européens pour aider Chypre". L’île d’Aphrodite use de ses charmes pour préserver son impôt de 10% sur les sociétés, l'un des plus bas de l'Union. Nicosie espère aussi obtenir un prêt de la Russie, à des conditions plus favorables que celles de Bruxelles. Chypre est en effet le premier investisseur mondial en Russie, du fait des fonds russes qui y sont placés pour bénéficier d’accords fiscaux bilatéraux. Ce qui énerve les autres Etats membres, à l’heure où Chypre prend la présidence tournante de l'UE. Dans ce contexte, le refus de la Turquie de reconnaître la présidence chypriote de l’UE aurait presque un aspect anecdotique.