Lorsque la presse s’exprime au sujet du gouvernement italien, il s’agit régulièrement des affaires douteuses du milliardaire. Effectivement, on a souvent entendu parler de ses soirées arrosées dans lesquelles participent de nombreuses jeunes filles. Gratuitement ? Non ! Parmi de nombreux exemples, entre 2008 et 2009, Gianpaolo Tarantini, un entrepreneur, aurait dépensé 29 000 euros pour fournir des prostituées à Silvio Berlusconi. Et ce n’est pas tout, chacune de ces jeunes femmes recevait, des mains du chef italien, des billets de 100 euros pour leur prestation. Cette affaire a éclaté au grand jour en septembre dernier lorsque M. Berlusconi s’est rendu au tribunal en tant que victime de M. Tarantini, qui lui aurait extorqué 850 000 euros en le faisant chanter. Berlusconi « n’a pas honte » de son comportement et selon ses avocats : « la reconstitution donnée des soirées est dénu(d)ée de tout fondement. » Ces soirées libertines et ses frais d’avocats coûtent cher au Cavaliere qui pourrait faire des économies comme font la plupart des Italiens, victimes de la crise.

L’Eglise catholique se réveille.

Les différentes parties de jambes en l’air ne laissent pas les prêtres de marbre et certains membres de l’épiscopat italien n’hésitent pas à hausser le ton pour dénoncer les affaires sexuelles qui touchent la politique de la péninsule. Et ce, sans jamais citer de nom. L’Eglise montre un semblant d’autorité en critiquant les actes du grand séducteur et en affirmant que ces pratiques sont « déplacées » et « portent préjudice à la société » italienne en crise. Hypocrisie ? Sans doute, lorsque l’on sait que l’alliance entre Silvio Berlusconi et l’Eglise catholique permet à cette dernière de ne pas payer de taxes sur ses propriétés. Un peu facile de critiquer les dépenses excessives du Cavaliere quand on ne doit pas payer d’impôts. Rappelons que la dette de l’Italie s’élève à 1.900 milliards d’euros ce qui représente environ 120% du PIB du pays.

Berlusconi : Chef d’Etat – chef de médias

Les grandes groupes médiatiques sont détenus par le Cavaliere. Ces coopératives retiennent à elles seules 88% des parts d’audience italienne. Mediaset dirige les principales chaînes de télévision et la société appartient à Fininvest, un empire financier pour Berlusconi. En juillet dernier, la Fininvest s’est vue contrainte de verser 560 millions d’euros à la compagnie industrielle CIR, détenu par Carlo de Benedetti, un des principaux adversaires du Cavaliere. Celui-ci l’accusait d’avoir corrompu un juge pour obtenir le contrôle d’un groupe d’édition, Mondadori. Encore une dette du groupe berlusconien dont l’Italie se serrait bien passée.

L’Union européenne demandait dimanche à l’Italie de revoir son système de retraite en augmentant l’âge de départ de 65 ans à 67ans. À 75 ans, il est peut-être temps pour le Cavaliere de prendre la sienne…