L’avenue Louise pourrait être comparée aux Champs Elysées avec ses boutiques de luxe qui abritent les grands noms de la mode que sont Natan, Delvaux ou encore Olivier Strelli. Au numéro 427, une école de prestige y a encore pris ses quartiers, La Cambre, école supérieur des arts visuels et sa section stylisme et création de mode. Véronique Heene, de l’association Modo Bruxellae fait remarquer que proportionnellement à sa taille, la Belgique a engendré un grand nombre de créateurs et jouit d’une excellente réputation à l’étranger. C’est dû en grande partie à l’enseignement, avec deux très bonnes école dont celle de La Cambre à Bruxelles.
la cambre 3Avec une formation de type universitaire en cinq ans, La Cambre n’a pas d’équivalent en France. En réalité, jusqu’il y a peu la mode ne s’enseignait pas. L’école d’Anvers, la très renommée Antwerpse Modeacademie, qui fait figure de précurseur, s’est ouverte à la fin des années 60 tandis que La Cambre vient à peine de fêter ses 20 ans.

Entre 100 et 120 candidats chaque année pour une vingtaine de places. La réputation de l’école a largement dépassé les frontières belges. Près de 50% de nos étudiants sont des expatriés déclare Tony Delcampe, chef d’atelier de la section stylisme. Parmi ceux-ci on retrouve beaucoup de Français mais aussi des Suisses, Luxembourgeois ainsi que des Chinois et des Japonais.

un maître mot : l'expérimentation
la cambre 3Le style de La Cambre est lié à sa situation bruxelloise, ville cosmopolite par excellence et lieu de rencontre et de mélange des cultures européennes. L’école bruxelloise a un parcours très différent de celle d’Anvers, comme l’explique Tony Delcampe : On essaye d’extraire un maximum de personnalités différentes dans chaque individu à l’inverse d’Anvers qui, vu leur succès, est plus dans un système qui doit rouler, avec des gens qui entrent un peu dans des stéréotypes.

Aujourd’hui, à La Cambre, il y a un désir de retour vers quelque chose qui est de l’ordre de l’artisanat. Que ce soit pour le tissu, la couleur, les motifs, le maître mot est l’expérimentation. Le rapport physique au vêtement et à la ²pâte² du créateur reprend tout son sens.
Bien entendu tout cela se paie et se paie cher. Car, pour beaucoup, la fabrication se fait encore en Belgique. Mais comme le dit Tony Delcampe : au lieu d’acheter 20 vêtements jetables chez H&M ou Zara, achetez un vêtement d’un créateur belge, vous ne serez pas déçus.

Valérie De Boeck


Liens :

Ecole La Cambre : www.lacambre.be

Ecole Antwerpse Modeacademie : www.antwerp-fashion.be