Par Pierre Fagnart
Détendue, souriante, Angela Merkel est revenue lors d'une conférence de presse sur les conclusions du Conseil européen de ces 16 et 17 décembre. La chancelière se veut résolument positive. Bien sûr, l'Union n'est pas encore sortie de la crise, mais les perspectives d'avenir ne sont pas noires pour autant.
Angela Merkel a semblé satisfaite du déroulement du Conseil européen, essentiellement centré sur l'établissement d'un mécanisme anti-crise. « L'important était d'assurer la stabilité de la zone euro dans son ensemble », expliquait-elle lors d'une conférence de presse. « Nous avons établi un parapluie de sauvetage de l'euro ».
Les débats sur la situation économique de l'Union ont tourné autour de deux points: il fallait mettre à profit les potentialités de croissance et assurer la convergence des politiques économiques nationales.
Interrogée par une journaliste espagnole sur les perspectives pour 2011, Angela Merkel se voulait positive : « on ne peut établir de perspectives concrètes pour l'année prochaine, mais j'ai été impressionnée par les mesures prises par l'Espagne et le Portugal. 2011 sera une année de réformes. L'Union tend vers une plus grande culture de stabilité ».
La chancelière allemande est aussi revenue sur l'état des relations entre les partenaires européens. Elle n'a pas hésité pas à tirer des conséquences bénéfiques de la crise, évoquant un rapprochement entre les États membres. « Les difficultés auxquelles a été soumise la zone euro, c'était une chose nouvelle. Il faut du courage politique pour faire avancer les choses dans ces conditions. Chaque délégation nationale a fait preuve de bonne volonté ».
Et la chef du gouvernement allemand de conclure, en forme d'espoir: « nous sommes unis pour notre bonheur ».
chancelier allemand
Angela Merkel positive à l'issue du Sommet
Le danse du pouvoir du couple franco-allemand
Par Maxence Peniguet
Lors du dernier Conseil européen, les mesures prises furent essentiellement le fruit de décisions franco-allemandes. Le couple s'est encore une fois rencontré avant le Conseil pour discuter des mesures à prendre et apparaît plus uni que jamais. Or les thèses reprises sont berlinoises et Paris semble simplement suivre la danse.
Depuis la création de l'Union européenne, les deux plus puissants États membres ont fait causes communes, et la balance des forces de chacun est restée plus ou moins à l'équilibre. D'un côté, la France et son siège de membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU, et de l'autre, l'Allemagne et son économie du septième ciel. Et, surtout, une paix à construire.
Même si elle ne montre pas officiellement de déséquilibre aujourd'hui – ce qui ne serait d'intérêt pour personne, puisque chacun a besoin de l'autre à un moment ou à un autre – l'entente franco-allemande n'est plus ce qu'elle était.
La crise comme moteur du changement
Avec la crise financière est venu un temps de déséquilibre. Nicolas Sarkozy a pris les rênes de la présidence de l'UE en 2008 et a tout de suite engagé des discussions pour que les pays européens stimulent leurs économies. Puis en 2009, la France a su garder la main grâce à une économie plus résistante, c'est à dire avec un produit intérieur brut (PIB) qui n'a reculé que de 2,6 %, contre 4,7% du côté allemand. De quoi pouvoir montrer la voie.
Fin 2010, la danse a changé de rythme. L'Allemagne impose son charisme d'exportateur de toujours qui lui donne une croissance de son PIB de plus de 3,5%, et la France fait mauvais pas avec des prévisions donnant seulement 1,6% d'augmentation.
L'Allemagne porte la culotte
Sur le plan des négociations européennes, les deux derniers Conseils européens voient nettement qu'Angela Merkel porte la culotte. C'est elle qui, en octobre dernier, a su imposer des sanctions aux États ayant une politique économique trop laxiste. Et en ce début décembre, les vues communes sur le refus de créer des euros-obligations vient directement de Berlin. Enfin, sur les volontés de rapprochement de la fiscalité ou du droit du travail, c'est plus Nicolas Sarkozy qui court après le modèle germanique, que l'inverse.


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